Journal du 20 juillet 1939

Légende
en noir :
texte manuscrit original rédigé par J. Auboyer
en rouge (ou barré) :
corrections, par rapport au manuscrit original, portées par C. Marcel-Dubois et l’abbé Falc’hun en vue d’une publication
en vert :
informations données par l’éditeur
en bleu :
mention des photos par l’éditeur

Journée 06 / 20 juillet – SurzurSarzeau, Kerdré

Nous avons consacré la matinée à la Ce matin, correspondance et au dépouillement du dossier de la mission. L’ Cet après-midi nous sommes allés à Kerdré où Louis Renaud dit Laridou (photo 1), travaille à la journée (photos 2 et 3) ; en effet, il habite Le petit Mare près Lambré. Enregistrements, films [ séquence 4 ] et clichés [chant 46 (L. Renaud), 47 (L. Renaud), 49-1 (L. Renaud) et 49-2 (L. Renaud), 50 (L. Renaud)].

Une vieille femme est morte ce matin ; on a sonné le glas à l’angélus du midi et à celui du soir ; ce sera ainsi jusqu’à l’enterrement qui aura lieu dimanche (le 23). Le glas employé est sonné avec la grosse cloche pour les hommes et le premier coup accentué avec la petite cloche pour les femmes. La Menon bihan (Mme Begot) a été alertée et est en train de faire son office de prieuse.

Pendant les jours saints ce sont les enfants qui se promènent dans le bourg avec des crécelles pour annoncer les offices ; le vendredi avant le dimanche de la passion on chante la passion.

M. de Langlais nous signale que Mato Le Luern sait fabriquer des cuillers en bois avec son couteau. Mme Le Gall nous parle de saint Cornély que l’on prie pour les bêtes à corne ; on lui promet une somme d’argent lorsqu’une vache doit vêler ; cette somme est prélevée sur le prix de vente du veau lorsqu’il est bon à être vendu. Mme Le Gall nous parle aussi de la danse du chapelet qui se dansait d’abord comme une ronde puis comme une farandole et enfin en bal à 2 puis la ronde reprenait. Toutes ces vieilles gens regrettent les danses et les chants de l’ancien temps, disant qu’ils s’amusaient beaucoup tandis que la jeunesse n’aime pas ces amusements : ils préfèrent les bals, la bicyclette, etc.

(C. Marcel-Dubois écrit dans la marge, pour le passage qui suit : "faut-il le laisser?". Falc’hun répond: "un peu intime et sans intérêt folklorique")

Mme Le Gall[qui est à nouveau enregistrée : chant 51 (J.-M. Le Gall)] nous raconte sa vie : sa mère s’est mariée à 19 ans, son père à 30. Ils ont eu 9 enfants et le père gagnait 0,50 francs par jour. Elles sont trois sœurs mariées au bourg : Mme Pierre chez qui nous logeons qui a quatre enfants (une fille puis trois garçons, Marc, Luc, Jean ; elle en espère un quatrième pour faire les quatre évangélistes). Mme Jego qui a marié une fille il y a 2 ans, qui en marie une le 25 et qui a encore un garçon qui est facteur à Surzur et deux filles et Mme Le Gall qui est mariée depuis une trentaine d’années et qui n’ a eu qu’un enfant mort-né. Mmes Pierre et Mme Le Gall ont l’air d’être plus liées entre elles que Mme Jego ; elles ont poussé leurs études et ne se sont pas contentées de l’école de Surzur mais ont été étudier à Vannes ; Mme Pierre y a pris des leçons de couture ; elle est très active et tout en élevant ses enfants, en tenant son magasin d’étoffes, elle est encore secrétaire de la ligue catholique française.

Lieux
  • Kerdré au Tour-du-Parc
  • Sarzeau
  • Surzur
Galerie
  1. Louis Renaud dit Laridou chantant la 'chanson du café' ; 20 juillet à 18h ; Sarzeau ; Kerdré ; [photo originale 92]
  2. la ferme où travaille Louis Renaud ; 20 juillet à 17h ; Sarzeau ; Kerdré ; [photo originale 91]
  3. pâturage ; 20 juillet à 17h ; Sarzeau ; Kerdré ; [photo originale 90]

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